Roadmap Décarbonation

Décarboner le ciment : une transformation engagée,
prête à changer d’échelle

Feuille de route pour la décarbonation

L’APC a présenté sa feuille de route de décarbonation du ciment le 1er avril 2026.

Cette feuille de route a été élaborée dans le cadre d’un travail de concertation associant plusieurs départements ministériels1, ainsi que des partenaires institutionnels du secteur, nationaux2 et internationaux3.
Elle s’inscrit dans la continuité des démarches déjà engagées par les entreprises membres de l’APC, chacune conservant sa propre trajectoire de décarbonation. Elle trace une trajectoire de réduction des émissions de CO₂ de 23% d’ici 2030 et pose les bases d’une transformation plus profonde à l’horizon 2050, en cohérence avec les engagements climatiques du Royaume, tout en ouvrant un dialogue structuré avec les pouvoirs publics et l’ensemble des parties prenantes.

Le ciment est au cœur du développement du Maroc. Il est indispensable à la construction des infrastructures, au logement et à l’aménagement du territoire. Mais il est également au cœur des enjeux climatiques.
À l’échelle mondiale, le secteur cimentier fait partie des industries difficiles à décarboner – dites “hard-to-abate” – pour lesquelles la réduction des émissions de CO₂ reste complexe en raison de la nature même des procédés de production, notamment la fabrication du clinker4.

1 Ministère du Commerce et de l’Industrie, Ministère de la Transition Énergétique et du Développement Durable, Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Aménagement du Territoire, de l’Urbanisme, du Logement et de la Politique de la ville, Ministère de l’Équipement et de l’eau.
2 Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement, IMANOR, Fédération des Matériaux de Construction (FMC), Association Marocaine de l’Industrie du Béton (AMIB), Association Marocaine des Producteurs de Béton prêt à l’emploi (AMBPE).
3 Global Cement et Concrete Association (GCCA), Europeen Bank for Reconstruction and development (EBRD), Green Climate Fund.
4 Le clinker est le principal composant du ciment, obtenu par cuisson de calcaire et de silico-aluminates à environ 1 450°C. Ce procédé génère deux types d’émissions de CO₂ : des émissions de combustion, et des émissions dites « de procédé », liées à la transformation chimique du calcaire (décarbonation) qui libère naturellement du CO₂. Ces émissions de procédé étant incompressibles, la décarbonation du ciment nécessite des solutions complémentaires, comme la réduction du clinker ou, à plus long terme, le captage du CO₂.

Une transformation engagée depuis plus de 30 ans

Le secteur cimentier marocain est engagé depuis plusieurs décennies dans la réduction de son empreinte carbone. Cette dynamique, initiée dès les années 1990, repose sur des transformations progressives des procédés industriels et sur des investissements continus.

Une transformation engagée depuis plus de 30 ans

Ces efforts ont porté sur plusieurs leviers : l’amélioration de l’efficacité énergétique, le recours croissant aux énergies renouvelables, le développement des combustibles alternatifs et l’optimisation de la composition des ciments.

Ils ont permis d’atteindre des résultats significatifs.

En 2022, les émissions moyennes des producteurs intégrés marocains s’établissent à 576 kg CO₂ /t cimentitious (ciment & clinker)5 et de 550 kg par tonne de ciment produite.

Dans le même temps, près de 80 % de l’électricité consommée par le secteur est d’origine renouvelable, et le recours aux combustibles alternatifs6 atteint près de 24 %.

Une performance en ligne avec les meilleurs standards internationaux qui témoigne d’une trajectoire bas carbone déjà engagée et consolidée.

5 Le terme “cimentitious” (de l’anglais cementitious materials) désigne l’ensemble des matériaux à propriétés hydrauliques liantes : clinker, ciment, mais aussi ajouts cimentaires tels que les laitiers, cendres volantes ou pouzzolanes. Cette métrique permet une comparaison internationale standardisée des émissions du secteur.
6 Le combustible conventionnel des cimenteries est le coke de pétrole. Les combustibles alternatifs comprennent : la biomasse, les déchets industriels, les combustibles issus des déchets ménagers (RDF), les pneus usés, les huiles usées, etc.

Décarboner le ciment, un enjeu national

Avec environ 8 à 10 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, la production de ciment et de béton constitue l’un des principaux postes d’émissions industrielles au Maroc. Cette contribution s’inscrit dans une tendance observée à l’échelle mondiale, où le secteur cimentier figure parmi les industries les plus émettrices compte tenu de la nature de ses procédés de production.

La décarbonation du ciment se situe ainsi à la croisée de deux réalités : la poursuite du développement du Maroc et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre en cohérence avec les engagements pris par le Royaume à cet égard au titre notamment des Accords de Paris.

La demande en ciment est appelée à progresser dans les années à venir, portée par les projets d’infrastructures et d’aménagement du territoire. Dans le même temps, sa production représente une part significative des émissions industrielles, notamment en raison de la fabrication du clinker.

Réduire cette empreinte constitue donc un levier déterminant pour concilier croissance et transition bas carbone. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des démarches engagées de longue date par les entreprises du secteur, qui ont chacune développé leur propre trajectoire de décarbonation.

Le secteur est engagé. L’enjeu maintenant est d’en changer l’échelle.

Décarboner le ciment, un enjeu national
Décarboner le ciment, un enjeu national

La décarbonation du ciment se situe ainsi à la croisée de deux réalités : la poursuite du développement du Maroc et la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre en cohérence avec les engagements pris par le Royaume à cet égard au titre notamment des Accords de Paris.

La demande en ciment est appelée à progresser dans les années à venir, portée par les projets d’infrastructures et d’aménagement du territoire. Dans le même temps, sa production représente une part significative des émissions industrielles, notamment en raison de la fabrication du clinker.

Réduire cette empreinte constitue donc un levier déterminant pour concilier croissance et transition bas carbone. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité des démarches engagées de longue date par les entreprises du secteur, qui ont chacune développé leur propre trajectoire de décarbonation.

Le secteur est engagé. L’enjeu maintenant est d’en changer l’échelle.

Une feuille de route pour structurer la transformation du secteur

Une feuille de route pour structurer la transformation du secteur

La feuille de route de l’APC vise à donner une vision d’ensemble plus lisible, en mettant en valeur les leviers de décarbonation déjà identifiés comme déterminants pour la transformation du secteur.

Elle contribue à en créer les conditions de déploiement, en lien avec les différentes parties prenantes. Elle met notamment en évidence les enjeux qui dépassent le seul cadre des actions individuelles : évolution de la réglementation, structuration des filières, préparation du déploiement de technologies de rupture, en particulier le captage, l’utilisation et le stockage du CO₂ (CCUS).

Elle ne se substitue pas aux stratégies propres à chaque entreprise, mais permet d’engager les membres sur une voie de progrès ambitieuse et volontariste tout en structurant le dialogue de la profession avec les parties prenantes, en particulier les départements ministériels.

Une feuille de route alignée avec les engagements du Maroc

La feuille de route s’inscrit directement dans les engagements climatiques du Maroc, notamment la Stratégie Nationale Bas Carbone et la Contribution Déterminée au niveau National (CDN 3.0), qui fixent les objectifs de réduction des émissions et la trajectoire vers la neutralité carbone à horizon 2050.
Elle en constitue la déclinaison à l’échelle du secteur cimentier, en traduisant ces objectifs en actions concrètes adaptées aux réalités industrielles, et renforce la cohérence du dialogue avec les pouvoirs publics.

Un objectif clair à horizon 2030

Dans la continuité des démarches engagées par les membres de l’APC, la feuille de route sectorielle illustre une trajectoire de réduction des émissions de CO₂ à horizon 2030, de -23 % par rapport à 2022, sur la base des leviers déjà mobilisés par les acteurs du secteur.

Ces leviers étant principalement :

  • le développement des combustibles alternatifs ;
  • l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ;
  • la réduction du taux de clinker dans le ciment ;
  • l’efficacité énergétique.
Répartition de l'effort de décarbonation 2030 par levier d'action
Répartition de l'effort de décarbonation 2030 par levier d'action

Ces leviers étant principalement :

  • le développement des combustibles alternatifs ;
  • l’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique ;
  • la réduction du taux de clinker dans le ciment ;
  • l’efficacité énergétique.

Parmi les leviers de décarbonation, le développement des combustibles alternatifs représente un gisement encore largement sous-exploité. Le secteur vise l’utilisation de 700 000 à 1 million de tonnes de RDF (combustibles solides de récupération issus des déchets ménagers) à horizon 2030.
Cette dynamique s’inscrit dans le protocole signé avec l’État en décembre 2021, visant à structurer la filière de valorisation des déchets et à favoriser leur utilisation dans les cimenteries. Un cadre partenarial qui ouvre des perspectives concrètes pour développer des solutions industrielles à grande échelle, en lien avec les acteurs publics et territoriaux.

Le co-processing, technique par laquelle les déchets non recyclables sont valorisés simultanément comme combustible et comme matière première dans le four cimentier, est au cœur de cette approche. À la différence de l’incinération ou de l’enfouissement, il ne génère ni résidus, ni émissions supplémentaires : la totalité du déchet est intégrée au processus de fabrication du ciment, sans besoin d’installation dédiée. Cette méthode, reconnue internationalement comme un mode de gestion environnementalement sûr, permet de réduire la consommation de combustibles fossiles, de diminuer le recours aux matières premières vierges et d’alléger la pression sur les décharges, limitant ainsi les émissions de méthane liées à l’enfouissement et réduisant la pression sur le foncier. Elle contribue également à lutter contre les pratiques de brûlage à ciel ouvert et à prévenir les rejets de déchets plastiques dans les milieux naturels.

Au-delà de ses bénéfices environnementaux, le co-processing présente des atouts économiques concrets. En substituant des combustibles d’origine locale aux importations de combustibles fossiles, il réduit la dépendance énergétique du secteur et renforce sa résilience. Il crée de la valeur sur le territoire national en stimulant une filière de collecte, de traitement et de valorisation des déchets génératrice d’emplois locaux. Pour les collectivités, il représente une alternative à la création de nouvelles infrastructures d’enfouissement, autant d’investissements publics et de foncier mobilisé en moins.

La biomasse constitue un autre levier à fort potentiel. Grignons d’olives, boues de stations d’épuration ou encore résidus agricoles : ces matières, encore insuffisamment valorisées, ont vocation à jouer un rôle croissant dans le mix énergétique des cimenteries. Pour atteindre les objectifs fixés, leur consommation devra dépasser 400 000 tonnes par an à l’horizon 2030, soit quatre fois le niveau de 2022. Cette montée en puissance suppose la structuration d’une véritable filière biomasse à l’échelle nationale, en lien avec les acteurs agricoles, industriels et territoriaux concernés.

À horizon 2050 : une transformation à consolider

Dans le cadre de la Stratégie Nationale Bas Carbone, le Maroc s'est fixé un objectif ambitieux d'atteindre la neutralité climatique à l'horizon 2050. Le secteur cimentier entend y contribuer de manière significative, dans la continuité des efforts déjà engagés.

Les progrès attendus à horizon 2030, avec une réduction des émissions de l’ordre de 23 %, constituent une étape structurante. Ils permettront d’inscrire durablement le secteur dans une trajectoire bas carbone et de créer les conditions d’une transformation plus profonde à long terme.
À partir de cette échéance, la poursuite de la décarbonation reposera sur des évolutions plus complexes. Une part importante des émissions du ciment étant liée à des procédés industriels incompressibles, leur réduction nécessitera le déploiement de technologies de rupture, en particulier le CCUS. Ces solutions encore en phase de développement, impliquent des investissements significatifs, la mise en place d’infrastructures adaptées et l’émergence de modèles économiques viables.

Ces technologies seront déterminantes pour traiter les émissions incompressibles du secteur.


« Je suis confiant quant à la capacité technique de la filière à réduire ses émissions jusqu’à même atteindre le net zéro, sur le très long terme. Ce que nous devons construire maintenant, c’est le cadre qui permettra de fixer les objectifs à atteindre et d’en assurer la faisabilité. Cela ne se fera pas sans une politique publique holistique adressant la décarbonation de cette filière industrielle et d’autres filières portant des problématiques comparables. » Saïd Elhadi, Président de l’APC.


Mix combustibles alternatifs

Dans ce contexte, la capacité du secteur à poursuivre sa transformation dépendra de plusieurs conditions préalables :

  • la mise en place d’un cadre réglementaire clair, stable et adapté aux enjeux de long terme ;
  • la mobilisation de financements dédiés à la transition bas carbone ;
  • un environnement économique permettant de concilier décarbonation et compétitivité et d’éviter que le surcoût de la transition ne se répercute mécaniquement sur les prix de la construction et du logement ;
  • le développement d’un écosystème industriel et technologique propice à l’émergence de nouvelles solutions.

Ces éléments relèvent de politiques publiques et d’écosystèmes industriels, au-delà du seul périmètre des entreprises.

Un enjeu de politique publique et une transition à conduire ensemble

La décarbonation du secteur cimentier ne peut être menée par les seules entreprises.

Elle soulève des questions qui dépassent le cadre industriel et appellent des réponses de politique publique : comment accompagner les investissements nécessaires sans fragiliser la compétitivité du secteur ? Comment protéger le marché national face à des concurrents soumis à moins de contraintes ? Comment garantir que l’évolution des coûts de production ne se répercute pas de manière excessive sur les prix du ciment, et in fine sur le coût de construction ?

Ces arbitrages supposent un dialogue continu entre les entreprises, les ministères concernés et les parties prenantes.

Dans cette perspective, l’APC défend une approche progressive, pragmatique et ambitieuse, fondée sur les réalités industrielles et économiques du secteur et souligne la nécessité de disposer d’une visibilité accrue sur les objectifs nationaux, les calendriers et les mécanismes d’accompagnement.

Le secteur réaffirme sa volonté d’être pleinement acteur de cette transformation et se tient à la disposition des pouvoirs publics pour contribuer à la définition d’un cadre national cohérent, permettant d’inscrire la décarbonation du ciment dans la durée.

Elle soulève des questions qui dépassent le cadre industriel et appellent des réponses de politique publique : comment accompagner les investissements nécessaires sans fragiliser la compétitivité du secteur ? Comment protéger le marché national face à des concurrents soumis à moins de contraintes ? Comment garantir que l’évolution des coûts de production ne se répercute pas de manière excessive sur les prix du ciment, et in fine sur le coût de construction ?

Ces arbitrages supposent un dialogue continu entre les entreprises, les ministères concernés et les parties prenantes.

Dans cette perspective, l’APC défend une approche progressive, pragmatique et ambitieuse, fondée sur les réalités industrielles et économiques du secteur et souligne la nécessité de disposer d’une visibilité accrue sur les objectifs nationaux, les calendriers et les mécanismes d’accompagnement.

Le secteur réaffirme sa volonté d’être pleinement acteur de cette transformation et se tient à la disposition des pouvoirs publics pour contribuer à la définition d’un cadre national cohérent, permettant d’inscrire la décarbonation du ciment dans la durée.

Un partenariat stratégique avec la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement pour la montée en compétences des acteurs

Pour accompagner la mise en œuvre de cette feuille de route, l'APC a conclu une Convention Cadre de Partenariat avec la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l'Environnement, présidée par Son Altesse Royale la Princesse Lalla Hasnaa.

Un partenariat stratégique avec la Fondation Mohammed VI pour la Protection de l’Environnement

Ce partenariat, porté et mis en œuvre par le Centre International Hassan II de Formation à l’Environnement à Bouknadel, bras académique de la Fondation et cadre même de cette conférence, s’inscrit pleinement dans la dynamique nationale de décarbonation de l’économie marocaine. Il se traduit par un programme pluriannuel de formation de trois ans destiné à plus de 500 professionnels : industriels cimentiers, bureaux d’études, architectes, collectivités territoriales et institutions financières. Les formations couvriront les principaux leviers de décarbonation du secteur – combustibles alternatifs, marché carbone, financements verts, construction durable, analyse du cycle de vie et captage du CO₂ – avant d’aboutir au développement d’un MOOC national et d’ateliers avancés. Ce partenariat illustre la volonté de l’APC de faire de la transition bas-carbone un levier de compétitivité partagé par l’ensemble de la filière ciment-béton-construction au Maroc et prolonge le positionnement du Centre comme plateforme de référence en matière de formation, de renforcement des capacités et de mobilisation des parties prenantes autour des enjeux de l’environnement.

La stratégie de décarbonation du secteur repose principalement
sur deux leviers structurants :


La substitution énergétique, notamment par le recours accru aux combustibles alternatifs.

La substitution des matières premières, permettant de réduire l’intensité carbone du clinker.

La substitution énergétique, notamment par le recours accru aux combustibles alternatifs.

La substitution des matières premières, permettant de réduire l’intensité carbone du clinker.

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